jeudi 15 mars 2018

Tranches de vie... ( 21 )

Bonjour,
Terminée la mini cure de printemps, cela fait du bien et nous revoilà dans la routine... faire à manger (Dodo) et chercher la plus jeune à l'école etc... si le temps le permet comme les dernières deux semaines, aller se balader... une vraie vie de retraités !

la suite...

Ainsi allait la vie de Rosalie et Pierre. L’on devinait déjà que Rosalie allait être une femme d’intérieur. Pierre lui, son rêve nous le connaissons mais il avait une petite passion : la tonte des moutons et cela allait lui conférer des idées quelque peu saugrenues plus tard.
Les années de guerre qui s’en suivirent furent par essence tragiques et pour certaines familles dévastatrices, beaucoup de malheurs, de destins brisés et d’horreurs vécues pour tous les enrôlés qui se battaient avec des ex compatriotes… cette première « guerre mondiale » si bien nommée, dura quelques années, mais dans notre famille côté maman ou papa, il n'était que rarement question de ce temps là. La raison je ne l'ai jamais connue et je me suis bien gardé de ne pas poser de questions à ce sujet qui semblait ne pas être apprécié. Alors, je n'ai pas beaucoup de souvenirs de récits ou partages à propos des guerres et des enrôlements successifs par l'Allemagne ou par la France et de ce fait c'est un sujet que je ne pourrais aborder en détails, je le regrette un peu, mais peut-être que psychologiquement cela vaut mieux. Je resterais un garçon né après la guerre mais que l'on n'a pas réellement informé sur le passé de ses parents et grands parents en relation avec celle-ci. (mises à part quelques historiettes et anecdotes que je conterais certainement ). Ceci était en contradiction avec les histoires que racontaient les grands-pères aux copains d'école et j'en étais un peu jaloux en fin de compte. Mais voilà, je ne sais pas aujourd'hui ce que cela m'aurait apporté et peut-être que cela m'aurait gêné lorsque quelques années plus tard j'entamais ma carrière en Allemagne et de plus comme employé de l'Armée américaine... mais cela est une autre histoire …!
Alsace – Lorraine ou Alsace –Moselle…
Pour ce qui est du côté historique, que dire de la complexité de la situation, la Moselle, où vivaient les familles de Louise et Joseph, de Pierre et Rosalie, avait été « rattachée » à l’Empire Allemand et était devenue avec l’Alsace entière (Bas –Rhin et Haut-Rhin) un « Reichsland » et quelques politiques régionaux, des élites et des bourgeois, siégeaient au « Reichstag »… à Berlin !
Mais l’indépendance de ces régions restait très marquée. Cela se sentait, tout comme en politique, aussi et même plus au niveau des religions. La Moselle était une région catholique et l’Alsace plutôt protestante, ce qui allait aussi entraîner des complexités par la suite qui durent encore de nos jours.
Les populations étaient affectées lourdement par le fait de l’obligation à se battre pour les différents camps, allemand ou français. Il est bon, façon de le dire, de savoir que des enfants, éloignés de quelques kilomètres par leur habitat et suivant l’endroit en Moselle, sont restés allemands et leurs enfants et descendants sont depuis toujours français… un méli-mélo par endroit étrange et souvent dramatique… mais comme dit, je ne m’attacherai pas à ces parties et tranches de vies, qui non seulement sont douloureuses, mais desquelles mes arrière-grands - parents et mes grands-parents n’ont que très peu parlé ou quasiment jamais, à croire que ce type de « souvenirs » étaient déjà lourds à vivre et ensuite à porter et nul ne sentait un réel besoin de les transmettre, en tout cas en ce qui me concerne personnellement. Il m'est arrivé depuis quelques dizaines d'années, d'en parler à quelques personnes un peu plus âgées que moi, nées dans les années de guerre et peu après, et, j'en ai retiré quelques informations sur les « résistances », les clans qui cachaient des personnes en danger, des déserteurs de l'armée allemande, ce qui fut valable pour les deux guerres. J'ai appris ainsi que des parents proches ont eu du mal à se décider d'y aller et se sont terrés, ont essayé d'éviter les enrôlements .

Toujours est-il que les historiens régionaux et certains auteurs de livres sur cette période là nous décrivent quelques tragédies de fratries opposées et d’autres faits pour le moins étranges et redoutablement durs d’évocation.
.../...
Made by Saint Louis - début 1900


Bonne fin de semaine à vous.


8 commentaires:

  1. De retour... avec la pluie grrrr.. raté pour la balade aujourdhui... Mais vivement que tu puisses y aller et nous ramener de belles photos!!! Bises Bon jeudi

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  2. Difficile de s'y retrouver effectivement ; il est certain que les caractères qui se sont forgés au gré des occupations perdurent sur les générations suivantes. On sent toujours un flottement d'identité lorsqu'on discute avec un Alsacien ou un Lorrain, et ce flottement est lui-même tinté de nuances. Ce n'est pas tout à fait la même chose avec les régionaux Bretons ou Basques... que je trouve plus revendicateurs que les populations d'Alsace-Lorraine, bien plus discrètes et réservées.

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    1. Depuis que l'on se connait, j'ai abordé ce sujet de temps à autre et je ne sais pas l'expliquer. Sommes nous moins tolérants ou enclins à l'être plus? voilà une question. Pour ma part, j'ai fait carrière en Allemagne pendant 7 ans et pour une entreprise allemand les derniers 10 ans et à part quelques extrémistes, j'ai surtout rencontré des personnes comme moi, lié des amitiés et jamais cette période dont il est question ne faisait partie de nos échanges ou préoccupations... Je ne sais pas aujourd'hui si cela provenait de mes aïeuls ou si je ne devais pas me poser de questions à ce sujet ? Avec mon ami Mario, nous en avons souvent effleuré les aspects dans nos discussions mais là aussi ça n'a jamais été en grande profondeur, il avait été touché par cela aussi. Donc , ne nous posons pas de questions, évitons d'y faire référence, de toutes les façons cela n'amène pas de bien de le faire et puis si un jour cela devait être oublié on se dira que finalement le "pardon" existe, ce qui me convient comme attitude et pensée.
      Bonne journée Anne !

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    2. Peut-être peut on parler de pudeur de l'histoire ?

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    3. oui et non car des raconteurs il y en a beaucoup... je connais beaucoup de l'histoire du papa de Do, lui savait passer des heures à parler de ses souvenirs de guerre, de prisonnier des deux armées et de l'époque hitlérienne, son passé de forgeron des armées à cheval etc... alors je crois que quand ces anciens savaient trouver oreille attentive et ouvert ils n'arrêtaient plus comme si c'était leur soulagement aussi. Mais peut-être que j'y reviendrais dans la suite...
      Bises Anne

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  3. Bonne fin de semaine à toi :-)

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