lundi 5 mars 2018

Tranches de vie... ( 20 )

Un métier de « bouche »…
Pour Heinrich le boucher, les jours normaux étaient très durs aussi, surtout quand il fallait tuer la vache, le bœuf, c’était une époque, on l’abattait après l’avoir bloqué dans une espèce de cintre en bois et cuir pour lui garder la tête en position, avec une balle de fusil. C’était calculé et précis, souvent son fils l'aidait et entre autre nettoyait et chargeait les fusils, mais y ayant assisté moi-même, je peux dire que cela marquait son homme ! "Ce n’était pas un truc de femmelette" comme tuer le lapin ou la poule, non il en fallait, mais c’est un métier et pourquoi donc en faire un monde, il était là pour nourrir les gens du village et au-delà et tout le monde l’appréciait pour cela.
Une de ses spécialités était le saucisson de foie aux herbes et surtout la saucisse de patates (« grumbeerewurst »), avec un mélange de condiments, de lardons et de viande salée, on mettait le mélange dans des boyaux et on grillait à la poêle ou au four. D’autres fois il préparait la « panse farcie » (« g’filter saeumaage » et là aussi les repas étaient succulents et surtout interminables. Le samedi était la journée durant laquelle presque le petit village entier venait chercher les ingrédients du pot-au-feu traditionnel et il fallait se lever tôt pour obtenir les bons morceaux. Résultat, les premiers arrivés mangeaient le meilleur, les autres ce qui restait ou ils se rabattaient sur les ragouts et morceaux moins nobles pour les bouillons. Il vendait donc beaucoup de charcuterie aussi et principalement des « mettwurst » saucisson de chair de viande pas très définissable, que l’on tartinait sur le pain qui lui était réalisé au fournil du village, du pain de seigle bien souvent.
Ces tartines épaisses avec de la moutarde serviraient encore « d'appât » à petits-enfants à Rosalie le jour où elle sera devenue « Oma Rosel », j'en témoigne... et Dieu que c'était bon !
Les petits pots de rillettes de porc très grasses, de même que les pots de saindoux, avec ou sans rillons fins faisaient partie des spécialités qui s’étaient transmises des proches contrées allemandes vers notre région. Cela tenait chaud en hiver, nourrissait son homme et surtout ne coûtait pas trop d’argent.
Rosalie, dès son jeune âge était habituée à traîner dans les pieds et du couple boucher et des clients de la boucherie, elle était la petite de la charcuterie, et Pierre aimait à aller la voir là – bas pour, mais ne le dites pas, se voir offrir la « tranchette » de saucisse de viande, que l’on appelait aussi « Lyonerwurst », allez savoir pour quelle raison et le rapport avec Lyon... ? Rosalie, elle aimait plutôt le fromage séché que faisait sa maman selon une autre vieille recette de fabrication germanique, le « handkaess », fait avec du lait de vache totalement écrémé et pressé à la main dans des torchons, d’où son nom d’ailleurs.

Bien des années plus tard Rosalie aimait toujours ce type de fromage sec et presque translucide, de forte odeur… Dans mes souvenirs, il fallait surtout ne pas oublier d’en acheter car cette tradition n'a pas été oubliée et a été transmise, lors des samedis de « courses » en proche Allemagne… nous y reviendrons…

à suivre.../...
Voilà pour aujourd'hui, nous revenons de quelques kilomètres de balade et cela me fait plaisir de publier comme promis ! Bonne fin de journée et à très vite.


8 commentaires:

  1. Enfant, j'aimais aussi aller dans certains magasins, parce qu'on m'offrait un petit de quelque chose à manger :-)

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    1. C'est une pratique qui a quasi disparue de nos jours, sauf dans les vimlages et bourgs ayant encore la chance d'avoir une boucherie, un crémier... rare dis-je ?!?!

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  2. tu m'as donné faim avec tout ça :D

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    1. En effet Anne, moi aussi en relisant et pire, nous sommes passés à la boucherie pour achetee des "souvenirs"
      ;0)

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  3. Beau texte qui me rappelle aussi des souvenirs.
    Je me permets juste de te dire que l'expression "truc de..." dans le 1er paragraphe me dérange mais je présume qu’il faut resituer dans le contexte de l’époque du récit. Cela passe mieux ainsi je pense, surtout cette semaine.
    Amitié Doume.

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    1. tu as tout à fait raison LP, et c'était une de ses expressions favorites, en allemand de plus ...
      mais je vais mettre des guillemets. Merci de ton passage l'ami.
      Bonne semaine

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  4. Toutes ces bonnes choses dont tu me parles m'ont donné faim, Doume ! Je n'ai pas tout cela dans mon frigo, mais je vais bien me dénicher un petit bout de pain et de fromage. :-)
    Bonne soirée. Bises.

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  5. Bises à toi Françoise ! et bon appétit !

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