vendredi 16 février 2018

Tranches de vie...( 19 )


la suite...
Rosalie et Pierre se tenaient quelque peu à l’écart et, à les observer, ils n’avaient pas vraiment d’intérêt pour ce qui se passait, ils riaient ensemble aux blagues de Pierre et de ses petits copains, il y avait là aussi le frère ainé de Rosalie, un bonhomme bien en chair pour son âge, on lui avait d’ailleurs affecté le surnom de « Klotz », le bloc, aussi qualifiable, mais dans son cas avec extrême gentillesse, de « rustre ». Il était vraiment d’un seul tenant, et ce jusque loin dans sa vie. Je me souviens de lui, alors qu’il s’était expatrié vers le travail dans les aciéries de Lorraine… La sœur de Rosalie, Marie, était beaucoup plus discrète et largement moins concernée par ces us dont elle se souciait peu, mais nous y reviendrons aussi…
Le boucher s’affairait avec moult couteaux et hachettes, à le ciseler, dégraisser et découper en parts. Le sang récupéré lors de l’égorgement refroidissait dans les seaux en acier galvanisé et attendait que les femmes aient fini de laver les boyaux pour s’en servir et, avec le sang cuisiné et assaisonné, agrémenté avec des tout petits morceaux de lard frais, confectionner le boudin noir et la saucisse de sang, une spécialité lorraine que l’on fumait ensuite… Certaine femmes du village étaient de vraies professionnelles de cette charcuterie. Elles étaient habituées à confectionner de la charcuterie avec tout ce qui est bon à manger dans le cochon. Une tante faisait les pâtés de tête, une autre les pâtés de foie et tout le monde aimait manger ces charcuteries traditionnelles et très goûteuses. La langue du cochon après que le boucher l’ait parée, était en général cuite le jour même des cochonnailles, elle ne se conservait pas bien sauf en la salant, mais il fallait bien nourrir les participants alors tout ce qui était « cuisinable » de suite passait à la casserole au bon gré de tous les présents.
Le boucher ne s’en allait pas avant d’avoir paré les jambons pour le fumoir, ces derniers allaient être salés dans l’auge en bois, en compagnie des pièces de lard des côtes et de quelques bonne pièces que l’on allait ainsi garder pendant des semaines dans les caves. Un schnaps finissait le partage et un bon café – chicorée, certains y ajoutaient un peu de vin rouge pour la digestion… la fête se finissait et le cochon était déjà oublié….
.../...
Nota : pour celles et ceux qui suivaient "Domidoume", le blog anciennement dédié à "Tranches de vie", c'est ici qu'était allée la dernière publication (Avril 2012) : merci à vous qui suivez, c'est encourageant , mais je crois que cela manque de lecteurs à nouveau... 
Néanmoins je vais aller au bout cette fois -ci , je vous souhaite du plaisir à lire et n'hésitez pas à inviter vos amis et amies à venir lire... Je n'oublie pas de dire merci à ceux qui lisent sans laisser de traces, mais le partage par le blog est finalement à la recherche de ces dernières !

Merci et à la semaine prochaine.


Sur le chemin de Pierre...

4 commentaires:

  1. Je pense que tu as raison de vouloir "aller au bout cette fois-ci" car au delà des visites et commentaires (bien sûr toujours les bienvenus) c'est en premier tout un "travail" personnel que tu fais peut-être parce qu'il y a ton blogue. Mais tu as aussi raison de souligner "le partage". Amitié

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  2. Merci à Anne, Suzanne et à toi LP...
    Oui en effet à part quelques rares ajouts et modifications de texte j'en suis au même point. Mon ami Alsa me manque beaucoup, il est vrai que lui aussi avait commencé plusieurs fois son histoire, enfin celle de ses parents et grands-parents... il écrivait ce qu'il avait senti quand ils sont partis tôt pour la plupart... Lui il n'a pas eu le temps ni le coeur de continuer son histoire, il est parti avant... Dieu sait ce qu'il aurait dit encore et jusqu'à quelle période ?...
    Mes pré-notes tiennent compte de tout ce qui est derrière moi et dont j'ai le souvenir, parfois vague et imprécis, et des fois comme si cela se passait hier.
    Je vais continuer en pensant à ceux qui m'entourent encore et aussi et bien plus à ceux qui ont tous et toutes quitté le monde présent. Je suis certain de ne pas m'ennuyer et surtout continuer à rencontrer votre intérêt pour mes "tranches de vie" qui par ailleurs continuent et dont je vous parle trop peu souvent sur mon blogue "Déjà 2007.." qui pour cela reste actif.
    Merci donc à vous mes ami(e)s et à très vite. La villégiature nous appelle et , nous, je, reviendrons requinqués par quelque jours dans la neige et les eaux. Amitiés !
    Doume

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