lundi 5 février 2018

Tranches de vie... ( 15 )

Et revoilà Pierre... { pour Anne ;o) }


Pierre, ce jour là, était assis sur la charrette lourde de bois de hêtre, en billes fendues en longueurs de un mètre. La charrette était tractée par les deux boeufs qui appartenaient à son papa et qui servaient aussi certains jours de la semaine, entre autre, à conduire le bois à l'usine, une sorte de transport d'approvisionnement des stocks de bois de cette dernière. C'était là une activité complémentaire qui permettait de payer plus ou moins l'entretien du maigre matériel agricole qui servait au métier du papa de Pierre. Il était paysan, cultivateur disait-on déjà. Dans le village d'à côté, il faisait partie d'une population assez importante de paysans et d'ouvriers du monde agricole, de métayers pour la plupart. L'emploi agricole, culture de blé et de maïs, de betteraves et de choux blancs, l'élevage destiné à la boucherie, s'étaient bien implantés dans ce village là, où peu d'activité industrielle était de mise.
Pour nourrir le troupeau de quelque vingt vaches et boeufs, le papa de Pierre était très occupé, ses journées duraient une éternité et Pierre ne voyait pas souvent son papa. C'était donc une de ces journées que Pierre savourait réellement et espérait qu'il y en aurait beaucoup d'autres. Mais l'école  lui prenait du temps aussi.
Oh, il n'aimait pas beaucoup aller à l'école, mais quelle autre solution y avait-il ? Il fallait attendre quatorze ans pour aller travailler. Pierre était attiré par la "bête", le monstre, il voulait devenir verrier, souffleur certainement, donc un créateur pour donner du travail aux autres : tailleurs, graveurs et futurs collègues de travail, il y serait bientôt pensait - t'il, dans quelques courtes années il demandera à son papa de l'inscrire sur les listes d'attente...
Après un dernier regard vers le village du haut de la colline, un dernier regard sur la majestueuse église rose, Pierre  et son papa ne tardèrent pas à replonger dans le village et passèrent à quelques enjambées de la maison de Rosalie, une bonne amie de Pierre et une jolie et pimpante jeune fille de la campagne. Souvent, Pierre la regardait avec ses yeux foncés et il évitait d'exprimer ce qu'il pensait au fond de soi. Mais, on s'en doutait, c'était impossible de ne pas le remarquer. Rosalie, elle savait d'ailleurs en jouer. Papa laissa Pierre sauter du chariot et celui-ci, après avoir promis de venir de suite, appela son amie qui était en train de travailler avec sa maman dans le potager immense qui longeait leur fermette.

Pierre avait douze ans et demi et n'était pas encore sorti de l'école, il n'était pas un grand élève mais avait déjà suffisamment appris de choses pour s'en sortir dans la vie. Une particularité de sa personne lui était venue de l'école, on lui reprochait son inattention, il confirmait la chose en signant à l'envers, "erreiP.r...." , on ne sait si c'était là une façon de montrer sa petite rébellion.
.../...
Heureux lundi à celles et ceux qui passent et m'encouragent !!

5 commentaires:

  1. Merci Doume ! heureuse de te lire !
    Des bisous

    RépondreSupprimer
  2. Me plait bien ce Pierre avec sa rébellion :D
    Il y a quand même quelque chose que je n'arrive pas toujours à suivre, c'est l'histoire du village d'à côté, du village du haut, du village où vit la "bête"... Combien de villages au final ?
    Bon, je vais relire...

    RépondreSupprimer
  3. Il y a le village de Joseph et Louise, celui de "la bête"... et le village du haut, celui de Pierre Et.... chut....

    RépondreSupprimer