samedi 13 janvier 2018

Tranches de vie...(9)

Voilà la suite.... bonne lecture

Les métiers, les techniques...
Évidemment, pas tous les jeunes hommes n’accédaient à la maîtrise, il fallait aussi être artiste, ne l’oublions surtout pas.
Quand le maître verrier, qui travaillait comme le souffleur, les mains nues, une question de sensation avant d’être un problème de sécurité, avait fini son travail à façon, il détachait la pièce calottée (quasi fermée vers le haut) de la pipe en la tapotant avec l’outil adapté et de suite le gamin emportait le gobelet ou le verre à pied, en utilisant une fourche à deux bras gainés de tissus d’amiante, dans laquelle se lovait la pièce finie. Il l’emmenait à l’arche, le refroidisseur, sorte de tapis roulant qui cliquetait dans un des angles de la halle verrière.
A l’époque, celui – ci était encore activé manuellement à l’aide d’une manivelle, là encore une responsabilité qui incombait aux gamins. Le tapis roulant était entouré de brûleurs et permettait la lente baisse de la température jusqu’à ce que la pièce brute fût transparente et claire, finie en quelque sorte.  La pièce, verre à pied, gobelet, après une phase de refroidissement dont la durée était dépendante de sa nature, de sa forme et de son épaisseur aussi, allait être stockée en caisses de bois superposables et à compartiments plus ou moins grands. Cela permettait leur manutention sans grand danger de les entrechoquer, en attendant les opérations suivantes, qui sont le décalottage, le polissage, la taille ou la gravure…
Les caisses en bois compartimentées, étaient déposées avec précautions sur des charrettes légères en bois, à quatre roues, dont celles de devant étaient sur un essieu tournant que l'on manipulait à l'aide d'une potence en forme de croix. Grâce à celle - ci les charrettes étaient utilisables par un ouvrier seul ou à deux personnes, car de temps à autre le chargement était trop lourd entre les ridelles à claire-voie. A l'avant et à l'arrière les ridelles étaient pleines et se glissaient de haut en bas pour fermer, le bas moins large que le haut, ces charrettes existent encore aujourd'hui, elles sont en ossatures métalliques légères, de l’aluminium par exemple, et ont servi de modèles aux jouets préférés des enfants, des modèles réduits bien entendu...
Les verres que le maître avait finis étaient coniques dans leur hauteur, ce qui dépassait la taille du verre fini se dit : « calotte » et nécessite une opération supplémentaire après refroidissement. Pour "décalotter" les pièces en cristal celles-ci devaient être passées devant une flamme d'un bec au gaz qui,  de la même façon que l'on soude, réalisait l'action inverse sur le cristal et le coupait net par l'action de la chaleur. Le verre, en l'occurrence était alors très coupant et il fallait sans tarder le passer au polissage. Une opération tellement délicate se faisait en portant des gants et en manipulant les verres de différentes tailles et en les passant sous des grandes roues de polissage, des meules. Pour ce faire, les meules étaient entraînées sur de axes mus par de petits moteurs à entraînement de poulies, d’'abord avec une sorte de terre abrasive et de l'eau et au fur et à mesure avec des meules brosses plus douces. Sous les meules, des bacs à eau étanches, remplis d’eau boueuse qui s’écoulait par le trop-plein directement dans la rivière souterraine du village.
Les verres étaient lavés à l’eau claire ensuite et allaient à l’atelier de marquage, de dessin des motifs et prévisions de biseautage ou de gravure, de façon à être prêts pour l’opération de taille et aussi, pour beaucoup, au "décor" final, la dorure, la gravure, dont il sera question dans la suite .
.../...

6 commentaires:

  1. Curieuse de lire la suite.... tu pourrais en faire un livre ! :-)

    Douce fin de semaine :-)

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  2. Un métier d'adresse et de patience...
    Bon week-end à toi, Doume. Bises.

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    1. Ça c'est effectivement vrai, et j'en témoigne, mon grand - père, mon père et beaucoup de mes oncles en étaient !
      Bonne journée Françoise.

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  3. Que d'opérations successives pour obtenir un produit fini ! Le polissage devait bien engendrer quelques pertes, non ? Il me paraît être si délicat...

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    1. C'est plutôt après, lors du "choix", du tri que les aspérités apparues au polissage faisaient que beaucoup de pièces étaient détruites... ce métier de "choisisseuse, ma maman l'a fait pendant pas mal d'années ...

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  4. Pour le livre ...on va attendre Suzanne,... ;o)

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