vendredi 5 janvier 2018

Tranches de vie...(7)

on continue...

La halle verrière … les métiers... le « gamin »...
Le « maître verrier » était bien souvent originaire des pays de l’Est ou allemand de Bohème, de Bavière ou de Saxe, quoique de plus en plus de gens du pays, formés dans l’usine, devenaient maintenant des maîtres à leur tour. Sur sa “place”, deux mètres carrés peut-être, il commençait son travail d’art verrier sur la pièce. Le souffleur, le plus souvent, réalisait le cueillage, dans le pot, on dit aussi le creuset, à la main, et maintenait en l’agitant avec toute son adresse professionnelle, la paraison (la masse de verre en fusion) pendant son transport vers le moule. Une fois soufflée, formée dans le moule, la pièce était présentée au maître qui l’analysait sous toutes ses facettes, regardait directement si oui ou non il y avait déjà des défauts de soufflage, des “bulles” comme ils disent, des impuretés dans la masse en fusion.
Puis il la faisait tourner devant ses yeux sous l’action de sa paume qui roulait la pipe sur les supports en ferraille et bois qui le cernaient, la canne dit-on aussi, à laquelle la pièce en cours était toujours encore attachée, sur son “métier”. Sa ”place” consistait en deux poutrelles entre lesquelles il était assis parallèlement sur un “bänkel”, un tabouret trépied, ou encore un simple banc en planches, ses genoux juste en dessous de la pipe tenue horizontalement et perpendiculaire aux poutrelles.  Sur le côté travail, gauche ou droit, se trouvait un réceptacle rectangulaire aux bords grossièrement relevés et soudés sommairement, en tôle, où tombaient les bouts de cristal fondants coupés  sur la pièce.
Tous les soirs, un peu avant la sirène, ce bac muni de poignées de transport à peine protégées et qui souvent griffait ou coupait les mains, était vidé sur les tas de cristal concassé, à l’arrière de la halle, et ce cristal une fois finement broyé allait être réutilisé en quantité réduite dans les nouveaux mélanges pour le remplissage des creusets de cuisson. Voilà encore une autre des multiples activités journalières des « gamins » verriers.

Le cristal en fusion, la paraison, tournait, éblouissant, fascinant de beauté et la vitesse de rotation impulsée par le maître lui donnait rapidement sa forme définitive. Il fallait couper, cisailler, tapoter, de temps à autre ajouter de la matière pour combler les aspérités, lisser, détendre, assouplir pour mieux lisser encore ou combler les endroits légèrement bosselés ou creux. De temps à autre le maître ajoutait aussi son souffle via la pipe dans la masse de cristal en travail pour lui redonner du contenant et ainsi continuer son travail…
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Bonne lecture et merci à celles qui ont pris le pli de venir lire et laisser quelques commentaires et questions ! Cela me fait un énorme plaisir.

4 commentaires:

  1. L'avenir, la promotion du souffleur était de devenir un jour "maitre"-verrier ou bien ? J'imagine que même les "gamins" tous affairés à leurs tâches d'approvisionnement de matière devaient enregistrer les gestes de ces artistes et rêver qu'un jour, eux aussi...

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    1. ça va se savoir... merci à toi et Suzanne !!!

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  2. C'est si bien expliqué !
    ... Je continue donc à apprendre... :-)

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  3. Moi aussi, j'apprends, c'est très intéressant, Doume. Merci. :-)

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