mardi 2 janvier 2018

Tranches de vie...(6)

Bonne année 2018 !


quelques lignes de plus....

Pour être souffleur de verre, il fallait plusieurs années de formation, d'apprentissage auprès du ou des « maîtres verriers » et une sacrée cage thoracique, des poumons en bon état et une force physique assez importante. Le souffleur de cristal s'approvisionnait dans le four et bien évidemment auparavant devait avoir très bien assimilé le métier. Il fallait le coup de main pour préparer la masse en fusion pour le maître verrier qui lui travaillait le cristal en fusion déjà préformé dans des moules le plus fréquemment. Il lui fallait procéder en plusieurs étapes, aidé en cela par le gamin qui lui portait de temps à autre du matériel en fusion pour compenser, compléter la réalisation. Le maître utilisait des sabots de forme, des louches, des coques, qui permettaient d'arrondir, des pinces pour aider à étirer la masse en fusion, divers bouts de bois, de cuir plats, des ciseaux et d'autres accessoires bien propres à son métier d'artiste.
A l'époque dont il est question, fin XIXème siècle, la principale réalisation consistait en fabrication de plaques de verre à vitre et aussi de gobelets à boire. Il n'y en avait pas que des ronds à fonds plats, mais déjà certains verres évasés à pied étaient fabriqués, mais, étant très fins *, personne n'aimait les faire, car déjà de ce temps là, le rendement journalier devait être atteint, faute de quoi le salaire en souffrait, la casse aussi était comptabilisée. (* Aujourd'hui leur rareté leur confère un statut de verres de collection assez élevé.)  
Le type de production évoluait assez rapidement en début du siècle suivant et de plus en plus de demandes entraînaient la nécessité de créer de nouvelles références et modèles. La demande faisait évoluer vers la création et la production de services de table complets, des assiettes même, des coupes à fruits, des vases etc... allaient bientôt faire la renommée quasi mondiale de la cristallerie. Les prévisions de fabrication et les modèles nouveaux émanaient principalement de clients et créateurs attachés à la bourgeoisie parisienne, des grandes villes en général et surtout d'Angleterre où le cristal connaissait déjà un essor de loin supérieur à la France... La cour d'Angleterre était et allait devenir une grande consommatrice de vaisselle en cristal.
En tous cas, les "patrons" étaient déjà en recherche constante pour dynamiser la production et assurer le futur. D'ailleurs, dans son histoire, déjà ancienne, la cristallerie a été confrontée souvent à des difficultés d'existence, mais on a toujours su se moderniser, changer et survivre.

Mais Dieu que cette période d'annexion germanique était rude et l'on ne savait pas vraiment vers où les choses allaient réellement s'orienter. Tout le monde était néanmoins au travail et gagnait péniblement sa vie, ce qui n'empêchait pas les familles du village très dépendantes de l'usine, de vivre pleinement et heureuses. Les familles de Louise et Joseph en étaient.
.../...
A très vite...

7 commentaires:

  1. Une idée du nombre d'employés à l'époque ? Cela devait grouiller de vie(s). J'imagine beaucoup de bruit, de lumière et de chaleur mais je me trompe peut-être ?

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  2. Il y en avait certainement beaucoup entre guerres et après.. plusieurs sources parlent d'un point haut de l'ordre de 1600 personnes.... Dans les années 50 , il y avait du monde et pas mal d'activité et ce malgré la concurrence des villages avoisinants qui possédaient aussi des cristalleries et verreries.

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  3. C'était une concurrence féroce et acharnée ou solidaire et coopératrice ?

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    1. les usines étaient éloignées de 3 à 10 kms , la concurrence se faisait sur les productions différenciées, chaque verrerie ou cristallerie ayant des productions plutôt complémentaires, mais plein de gens avaient du travail, ce qui est totalement différent d'aujourd'hui.Les emplois à l'usine sont de 280 env. à ce jour...

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    2. pas vraiment de coopération ;(

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  4. Bien sûr, on a entendu parler des souffleurs de verre et de leur art...
    Mais, ici, le récit est plus "réel" et donc très impressionnant !:-)

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  5. Il me reste, de mes grands-parents, quelques verres sur pieds, pas très ronds, avec quelques défauts, mais ils ont beaucoup de valeur, restes d'une époque ancienne, très différente de l'actuelle où tout est parfait, sans un défaut...

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