samedi 20 janvier 2018

Tranches de vie...(11 )

bonjour, bon samedi !

Juste une dernière  incursion dans le domaine technique, car on ne peut parler de cette cristallerie royale sans évoquer les fameux presse - papiers, une marque de fabrique absolue de la - dite usine. Il y a là une technologie qui remonte à la deuxième partie du XIXème siècle et qui consistait à enfermer des tiges de verres de couleur et de longueur différentes à l'intérieur d'une boule de cristal transparente qui au fur et à mesure se créait autour du bout de la canne de cueillage. A chaque dépôt de décors, une fine masse de cristal était ajoutée à l’ensemble et le verrier roulait sur une table plane métallique pour bien serrer les tigettes et incrustations dans la boule. Une fois le diamètre final de quelques centimètres atteint, la boule était arrondie par le haut et rendue lisse par le travail d’orfèvre, peut-on dire, du maître verrier et c'était d'un effet grandiose et donnait de vraies oeuvres d'art.
De nos jours on fabrique même certaines séries uniques de bijoux, pendentifs, bagues, boucles d’oreilles et ceci rencontre un succès commercial grandissant. Des décors fascinants, des floraux, des assemblages de cristaux colorés, des motifs animaliers, et bien d’autres « incrustations » virent le jour durant les siècles et jusqu’à aujourd’hui des mains de femmes principalement, assurent cette tradition de fabrication artistique dans la cristallerie.
Aujourd'hui c'est encore une activité des plus importantes et des plus recherchées de l'usine. Il y a de grands collectionneurs dans le monde entier, des japonais, des américains, le monde a toujours eu un intérêt fantastique pour ces productions uniques et spécifiques de tradition et toujours en séries limitées de une à deux centaines par modèle...
Les ouvriers et ouvrières de l'usine, leurs parents déjà avant eux, avaient aussi accès à ces pièces de fabrication, mais seulement en les achetant à prix réduit ou en tant que rares cadeaux de Noël, ce qui souvent était leur "prime" de fin d’année. A cette période là, de même pour les mariages, de même pour les communions, entre autres, des verres étaient offerts par la direction à tout le monde sans exclusion. Ce qui a permis à beaucoup d'héritiers d'être en possession de raretés et de services en cristal, le plus souvent de base et de deuxième choix et aussi pour la plupart non taillés. Beaucoup de travailleurs les faisaient tailler ou graver par des ouvrier de l'usine, qui eux se faisaient un pécule supplémentaire en ayant installé des « ateliers » chez eux, dans les granges ou dépendances, ou encore sur les paliers des logements de l'usine. Une pratique tolérée et répandue jusque dans les années 70.
A vrai dire et malheureusement, les ouvriers de l'usine (cristallerie royale...) n'étaient pas vraiment bien payés du tout dans ces années de début du XXème siècle et les cadences étaient infernales, sans parler des dangers évidents et destructeurs par moments de ces métiers du cristal.

Nous y reviendrons, mais dans les prochaines pages, retrouvons nos « acteurs principaux »...

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3 commentaires:

  1. ... que nous avons laissé avec le métier de "Potier" du papa de Louise :)

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  2. Des dangers... oui, effectivement, ils sont souvent passés sous silence !

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