jeudi 25 janvier 2018

Tranches de vie... ( 12 )

et voilà, retrouvons Joseph.... Bonne lecture .

La vie de Joseph
Le papa de Joseph, lui, était ouvrier du bois, bûcheron, menuisier, ébéniste, de formation personnelle, peut-être familiale, de par un oncle, enfin un vrai « ver du bois ». Lui aussi commençait ses journées par ce même rituel de faire du feu et entretenir la chaleur du foyer pour son épouse, Joseph, son frère et sa soeur. Son travail principal au sein de l'usine, consistait à fabriquer les fameuses caisses à compartiments pour la halle, et de temps à autre à réaliser quelques étagères de rangement pour l’usine, des meubles de cuisine, des vaisseliers même, des lits et des sommiers.
Ca, il le faisait car il était artisan, mais évidemment il était aussi et avant tout payé par le patronat de l'usine. Il faisait beaucoup de travaux à la demande et pour les patrons et de ce fait touchait quelques gages supplémentaires en cumulant pas mal d'heures. De l’exploitation acceptée, que faire d’autre d’ailleurs ? Mais il s'éclatait dans son travail et Joseph l'admirait et bien sûr allait s'en inspirer pour la suite de sa vie et son futur métier à lui. Joseph traînait souvent dans l'atelier personnel de son papa.
Celui - ci se trouvait à l'arrière du bâtiment des logements, là où quasiment tout le monde avait une étable, un clapier, une cave aussi, dans les roches de grès rouge qui encerclaient et soutenaient le village. Les caves étaient creusées dans la roche, et malgré un peu d'humidité, étaient tempérées et servaient de lieu de froid. Devant les grottes, des bâtiments en bois, lattés, les « schopf » servaient de lieux de stockage pour le bois de chauffage et aussi d'ateliers. Certains voisins élevaient aussi au moins un et même plusieurs cochons dans des étables maçonnées ou bétonnées et entourées de barres de fer qui permettaient qu'on  nourrisse les cochons et qu'ils ne s'échappent pas. Un cochon, par familles qui en possédaient, était sacrifié au bout de deux à trois ans d'engraissement.
Ah la là ! Les "jours de charcuterie", quel bonheur quand ça arrivait et quel régal pour tout le monde, car cela se passait bien souvent en automne et les "cochonnailles" étaient de véritables festins, des fêtes de quartier, dirons-nous. L'occasion aussi, pour les mamans de Louise et de Joseph, et les femmes du village entier d'appeler à table et d'étaler tout leur art culinaire, des saucissons, des boudins, des pâtés, du lard blanc, des fromages de tête... enfin la potée régulière des dimanches en étaient des témoins inoubliables. Sans oublier les fumoirs collectifs fonctionnant aux copeaux et à la sciure de bois séchés, dans lesquels jambons, plaques de lard et palettes trouvaient place pour quelques semaines et ensuite nourrissaient les familles du plus petit au plus grand durant tout l'hiver.

Dans mon enfance à moi, j’ai encore le souvenir que cela se passait quasiment de la même façon, mais nous n’y sommes pas encore… et nous reviendrons sur le sujet avec l'évocation d'un certain boucher dans le village d'à côté...
.../...

3 commentaires:

  1. Je devais avoir une dizaine d'année lorsque j'ai assisté à mon premier et seul "cochon". Et chez mon oncle Jean, c'était tout pareil, les voisins, les autres oncles et les cousins à la découpe, à la moulinette, au chaudron pour le boudin... pendant que tantes et voisines et cousines s'affairaient sur les tables, passaient les plats, enveloppaient dans des tissus etc... et préparaient le festin final pendant lequel le vin était versé même dans les verres des plus petits. hips !... ;D

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  2. La vie en ville était différente :-)

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  3. A part voir tuer le cochon, j'aurais aimé assister à ces festivités ! Je n'ai jamais eu l'occasion de le vivre. Quelle ambiance il devait y avoir ! :-)

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