lundi 28 mai 2018

Tranches de vie... ( 30 )

et voilà la suite...

Il faut aussi en parler...


Les années de la deuxième guerre mondiale n'ont pas été très bien vécues par mes grands -parents et mes parents, je ne vais donc pas m'étaler et le peu qu'ils m'ont raconté ne servirait pas à éclairer mes souvenirs plus que nécessaire, il faut juste savoir que ce ne fût pas facile, que pour survivre il fallait glaner dans les champs et chercher, je dis bien chercher à ramasser du bois pour chauffer et cuisiner, souvent juste des pommes de terre difficilement plantées dans les jardins autour des appartements d'usine... l'usine elle tournait au ralenti mais a elle aussi bien survécu et est repartie de plus belle ensuite.
Quelques oncles et tantes du côté de papa, la famille du « Klotz », Aloyse, le frère de Rosalie, se sont expatriés vers le Pays Haut en Lorraine pour aller travailler dans les aciéries, du côté de Hayange, Rombas, Amnéville, là où les hauts-fourneaux fournissaient du travail, ils ont connu la réussite et dans les années 60 j'ai pu fréquenter mes cousins nés là-bas, loin de la terre des anciens de la famille, aucun d'eux n'a jamais voulu revenir vivre dans le Bitcherland ! Ils avaient trouvé une nouvelle région d'adoption. Il en fût de même pour certains cousins de maman, avec lesquels nous n'avons pas relié de plus proches fréquentations.
Une partie de la famille de ma tante Thérèse et oncle Victor y est allée elle aussi. Nous les avons retrouvés de temps à autre lors des fêtes de famille, comme les communions ou encore lors des enterrements. Mon père, lui a aussi essayé après sa période d'armée, d'y aller travailler mais s'est très vite rendu compte que loin de son amoureuse il ne tiendrait pas. Il est donc revenu et est entré à l'usine pour devenir « tailleur sur cristaux », un métier qui le rendait fier, et moi aussi, je me souviens du plaisir que je prenais à le noter sur les formulaires, bien plus tard quand j'étais à l'école et au lycée...
Pour ce qui est de son séjour à l'armée, je n'ai pas souvenir qu'il en parlait beaucoup, et je ne peux pas dire réellement ( et plus personne ne saurait le confirmer) mais le mariage avait déjà eu lieu avec Marie-Antoinette, pendant ces années je pense. (1952) Ce que je sais et quelques vestiges de papiers le confirment, c'est qu'il a été chauffeur de gradés et qu'il avait ainsi obtenu tous les permis de conduire existants, pour l'anecdote il aurait pu faire transcrire le tout pour le « civil » mais s'y est pris trop tard et fin des années 50, il a dû repasser tous ces permis quand il a pu s'acheter sa première voiture à quatre roues, une « Dauphine » rouge et crème qu'il a conduit avec fierté pendant quelques années...
Les traditions familiales, la pratique religieuse, le travail à l'usine, les vacations quotidiennes des anciens de ma famille reprirent après les années difficiles et les rituels de vie, les us et coutumes du village reprirent le dessus, mais je vais rapporter cela au contemporain, à mes souvenirs de gamin, période des « années glorieuses » que j’ai eu bonheur et gratitude de pouvoir vivre.
Bonne lecture et au mois prochain !

Rosalie et Pierre 1955

1 commentaire:

  1. Une Dauphine, c'était la première voiture de mon père également, mais elle était noire.

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