jeudi 10 mai 2018

Tranches de vie ... ( 28 )

Me revoilà...bonne lecture !


La famille de Pierre...
Sans faire de comparaison avec Louise et Joseph, je ne saurai le faire d'ailleurs, tant je n’ai pas assez d’informations sur leur passé, Pierre et Rosalie menèrent une vie de couple ouvrier dans un village en pleine expansion après une guerre dévastatrice pour tout le monde. Et on s’y accrochait de toutes ses forces. Une fois fini le travail il fallait aller en forêt couper du bois, des stères et des stères de bois que Pierre abattait, car il le faisait aussi pour d’autres et pour gagner quelques sous supplémentaires et garnir les casseroles surtout le dimanche. Pierre et Rosalie aidaient aussi le boucher quelques fois quand ce dernier était en pleine saison de charcuterie. Mais voilà, Rosalie fût à nouveau enceinte et un deuxième fils, Aloyse, en fût le fruit. Leur autre fils s'appelait Joseph, qui aura, lui aussi trois enfants avec son épouse , un garçon et deux filles...
Pierre, qui était musicien, en quelque sorte, oui et même moi je m’en souviens, adorait tambouriner sur le coin d’une table, ou sur un seau, ou encore faisait mine de jouer du tambour avec des bouts de bois coupés, qui servaient afin de faire le premier feu du matin… Il aimait, disait-il et ce n’est que naturellement qu’un jour il a rejoint la troupe de l’harmonie des cristalleries du village. Voilà une activité qui était une sorte d’institution au même titre que les chorales des grands et des petits à l’église…
Quasi chacune des familles dans le village a fourni et le fait encore des membres à vie de ces ensembles. D’autres, moins musicaux devenaient servants de messe ou encore pompier volontaire, mais l’usage le voulait et c’était pour tout le monde une sorte d’obligation de vocation.
Le jour de la Fête Dieu, Pierre était sur son trente et un. Rosalie lui repassait son uniforme de l’harmonie de la cristallerie et dès l’Angélus du matin, Pierre s’apprêtait pour le défilé des tambours au travers de tout le village.
Bien plus tôt le matin, d’autres personnes du village avaient été faucher de l’herbe haute, qui se devait d’être fraîche, pour ensuite la semer en grandes fourchées sur la route du haut des charrettes tirées par les bœufs (et plus tard les tracteurs). D’ autres coupaient des branchages de châtaigniers et de bouleaux pour aller les dresser le long de la route qui traversait le village et menait au travers de l’usine, en conduisant finalement à l’église en pierre rose tout en haut de la colline la plus haute du village. Des drapeaux jaunes et blancs, tout comme des banderoles identiques, servaient à les décorer, à la plus grande joie des tout petits, qui souvent avaient le droit de les « arracher » et de les garder pour eux…
Les plus doués, côté artistique, avaient préparé dans la semaine des seaux remplis de sciure de bois coloriée afin de faire ce qui était une particularité du village, cela se pratiquait ailleurs aussi, mais là c’était quoique l’on en dise « différent ». Les femmes surtout cueillaient les fleurs de roses, d’asters et de dahlias qu’elles avaient fait pousser avec amour tout le printemps durant. Les genêts faisaient aussi partie de leur récolte matinale ainsi que les marguerites... Une « armée de fourmis » s’affairait dans et autour du village et pour dix heures tout devait être achevé !
(à suivre...)


2 commentaires:

  1. tout un village d'artistes, mazette, quel spectacle !

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    1. coucou, la photo date de 2006... je raconterai, l'événement un de ces jours (Fête-Dieu)... il me semble l'avoir fait dans le temps, je vais retrouver...
      Bises

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