lundi 8 janvier 2018

Tranches de vie... (8)

quelques lignes de plus... bonne lecture !

Là, l’importance du gamin est incroyable, et on sent son utilité évidente. Sa présence constante et son attention incessante sont requises, car il n’y a pas de période d’arrêt dans la réalisation. Le travail doit couler, être fluide, pour ne pas que la pièce se déforme ou se déchire, ceci serait fatal à celle-ci et elle irait directement au rebut. L’opération d’adjonction de la tige plus ou moins longue suivant le type de verre, puis le collage, dirons-nous, du pied sur la tige, était la plus risquée.
Le gamin tendait une canne avec une certaine quantité de cristal en fusion au maître et celui-ci, à l’oeil, savait quand il “était servi” et coupait la matière d’un geste certain et professionnel en la posant délicatement sur le fond du verre et finissait ensuite de la modeler. Puis, il reprenait du cristal fondant pour plaquer en la centrant bien, la petite masse au bout de la tige il ne fallait pas rater la forme et le bon arrondi extérieur du pied, c’est de là que provenait l’équilibre du verre à pied. 
 Être gamin, voilà le rêve de beaucoup de très jeunes garçons, qui tous les jours allaient travailler fièrement dans la halle à verre. A cette époque là, on commençait à travailler, durement même, dès l’âge de quatorze ans en quittant des fois prématurément les bancs râpés de l’école du village.

J’ai toujours trouvé cette appellation de métier très adaptée et unique, en fait un « gamin » c’était, c’est toujours encore, tout simplement un porteur de travail et par la force des choses, un apprenti, un aide, un soutien qui était en pleine possession de son avenir de futur maître verrier. Il n’y avait, pas encore, de filles voulant s’attaquer à ce métier (il y en aura à partir des années 90... mais peu), ce n’était pas vraiment volonté paritaire. La fille restait avec maman pour apprendre un “métier” ou avoir une "occupation de femme" plus tard. L'époque permettait encore ce genre de pensée, depuis les métiers du cristal se sont ouverts à l'ensemble des jeunes qui souhaitent suivre et réussir dans la filière. .../...

4 commentaires:

  1. "Gamin" ça donne une dimension humaine, affective et affectueuse.
    j'aime bien

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  2. "le rêve de beaucoup de très jeunes garçons"
    Je me demande ce qu'en pensent les jeunes d'aujourd'hui :-)

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  3. ... et à cette époque on quittait l'école à 14 ans...et trouver le job dans le village c'était pas mal

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  4. J'aime bien le mot "gamin".
    Je suis toujours épatée lorsque je vois des souffleurs de verre, je pense que j'aurais aimé apprendre.
    Bises, Doume. :-)

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