lundi 4 décembre 2017

Tranches de vie... (2)

Voilà, la première publication, vendredi dernier a commencé à intéresser... alors ci-après la suite. Bonne lecture !

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Leurs journées se passaient donc très généralement ainsi, des enfants, des écoliers se rendant à leurs cours, des enfants qui apprenaient bien leurs leçons, qui aidaient aussi leurs parents dans les tâches ménagères et tout ce qui y correspondait.
Pendant bon nombre d'années, Joseph s'accrochait à Louise à la sortie de l'école, lui faisant des cachotteries, simples bien sûr, acceptables pour le garçon de bonne éducation qu'il était. Il lui tirait sur le cartable, lui jetait des marguerites, enfin des choses de son âge, de leur âge. Mais ce faisant, il lui témoignait de l'intérêt et devint son proche ami assez rapidement.  Bien plus tard dans leurs jeunes années de vie d'adultes, ils passeront des soirées entières à se remémorer leurs aventures d'adolescents et  les feront connaître pour que la tradition orale de la famille puisse être maintenue et transmettre le passé au présent de génération en génération. 
Joseph n'en oubliait pas moins qu'il devait travailler tous les jours pour devenir quelqu'un, une devise familière et familiale aussi. Quand il rentrait le soir dans leur humble appartement d'usine, (ces logements étaient attribués gratuitement à ceux qui étaient ouvriers ou employés à l'usine du village) les devoirs à peine finis, il s'asseyait devant son harmonium, un héritage de famille, et après quelques coups de pédales lui faisait couiner quelques gammes hésitantes, et cela s'écoutait même assez bien. Il s'attachait à apprendre par lui-même, à jouer des morceaux qu'il entendait lors des messes du samedi matin ou du dimanche, quand l'orgue mécanique à soufflet jouait dans la grande église du haut du village, une église rouge en grès, avec un toit en tuiles émaillées, des statuettes intemporelles, un style unique, quoique baroque, certainement. Cette énorme bâtisse rouge au toit flamboyant était un chef-d'oeuvre imposant de réalisation, totalement décalé dans ce village modeste, mais qui avait été construit grâce à la présence de l'usine...
C'est qu'il avait un don ce jeune Joseph, un don pour la musique  et plein d'autres choses qui s'y rapporteront se cachaient en son for intérieur et dans sa personnalité mûrissante. Cela n'empêchait pas qu'il se rende utile pour rentrer du bois couper du petit bois pour alimenter le fourneau. Il aidait papa à bricoler, réparer et se prit d'intérêt pour l'ébénisterie qui était un passe-temps pour son père et le devint forcément pour Joseph.
Pendant que Joseph faisait l'artiste, Louise était à l'écoute et observait sa maman, qui, après avoir corrigé les exercices d'écriture de la petite, avait repris en main son ouvrage et s'affairait à progresser dans le chandail qu'elle tricotait depuis quelques mois pour son mari, de façon à repartir bien couvert pour les prochains hivers. Louise avait la ferme intention de devenir aussi bonne tricoteuse et couturière que sa maman chérie. La laine de mouton filée dans les villages avoisinants et le village même, n'était pas offerte et tricoter faisait partie de ces plaisirs coûteux dont la famille n'était pas inondée, mais cela ne devait pas empêcher que l'on s'habille. Des marchands merciers passaient de temps à autre, venant de la proche Alsace ou de la région du Bade, d'Allemagne, pour proposer leurs rouleaux de tissus , cotons entre autre et "laineux" qui servaient à réaliser des manteaux et des vêtements de "dimanche" comme ils disaient. Dans le village, un peu avantagé, grâce à l'usine, on travaillait et de ce simple fait on avait un peu plus d'argent, alors quelques pelotes, quelques pans de tissus faisaient le bonheur de ceux qui pouvaient.

Louise regardait sa maman choisir les coupons et les accessoires, les boutons retenaient toujours son attention, les nacres, les opalines, le bois, toutes ces matières qu'elle adorait toucher de ses doigts de future fée de la broderie, du tricot et de la couture. Un peu plus tard dans sa vie d'adolescente, elle irait à l'école de couture, ou encore aiderait sa maman et le voisin, tailleur de métier, qui avait un atelier dans son appartement et travaillait pour les "patrons", oui, les propriétaires de la cristallerie, en fait pour ceux qui avaient de l'argent, plus d'argent...
.../...

4 commentaires:

  1. C'est émouvant de lire ces moments de vie de Louise et Joseph, on est à Bitcherland avec eux !

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  2. Bizarrement je reconnais quelqu'un dans cette description de Louise jouant avec les boutons ; je les vois bien dans la petite boite en métal et j'entends même le petit bruit qu'ils font quand on les trie pour assortir une paire :)

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  3. On s'y croirait... Tu racontes bien, Doume.

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